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De Tess de Royan ( juin 2016)



Impressions de voyage



1er et 2 juin 2016, deux jours en « terres proustiennes » à Illiers-Combray à 25 km de Chartres – avec notre guide du cru, le fou de Proust, le journaliste Patrice LOUIS.
 


Partis à 7h, un car confortable nous amène à Illiers à 12h30, sans dommage, compte tenu des inondations dans le secteur d’Orléans.
La route verdoyante nous offre tantôt des parterres de marguerites blanches, tantôt des genêts aux fleurs jaune d’or, de quoi égayer un ciel en concurrence avec la route et une température aux environs de 12 degrés.

Illiers-Combray, village de 3 300 habitants niché dans la verdure, avec son clocher, son vieux donjon, son lavoir, la source du Loir… village calme que notre guide s’empresse d’émailler d’anecdotes à éveiller les fantômes du passé proustien, celle de son enfance.
Né en 1871, mort en 1922, Proust a vécu une période historique française riche en évènements sociaux, les guerres, les colonies, il ne semble pas s’y confronter. C’est en visitant la maison de Tante Léonie qu’a commencé, pour nous, l’imprégnation proustienne.

 

 

C’est avec une émotion certaine que nous avons imaginé le jeune Marcel dans la salle à manger, enfant au milieu d’adultes, Marcel montant l’escalier, Marcel dans sa chambre, son lit, son livre, sa lanterne magique… Plonger dans cette intimité familiale, dans ces souvenirs, c’est aussi se poser des questions sur notre enfance et les situer dans le temps, avec le mode de vie correspondant. Des 10 ans de Marcel, en 1881, imaginons un enfant de 10 ans en 2016.
La maison aux pièces petites, au jardin petit, avec un « grelot » en guise de sonnette, ne manque pas de charme. Au 2ème étage, on découvre un vaste ensemble de photos, en noir et blanc, de Nadar, des musiciens (Fauré, Debussy), des romanciers (Zola, Mallarmé), des acteurs, sa famille… Notons que l’arrière petit-fils de Robert, le frère de Marcel, a vendu, chez Sotheby’s des documents originaux, le 31 mai 2016, veille de notre visite.

 

 



Il fut très agréable de se promener au « Pré Catelan ».

 

 

Les trois arbres chétifs de l’époque furent les premiers d’autres plantations qui forment à présent ce qu’il est convenu d’appeler, un jardin remarquable.

 

 

 

Nous le quittons en longeant la célèbre haie d’aubépines roses dont parle tant, avec ferveur, Marcel Proust.
C’est là qu’on comprend toute la portée de l’œuvre, tous les détails, sons, saveurs, parfums, couleurs sont scrutés à la loupe et étalés avec délice dans de longues phrases qui se dégustent avec lenteur et jubilation, comme la madeleine de la Maison Proustille en forme de coquille St-Jacques.

De balades en balades à travers rues ou campagne, je note l’intérêt de la visite de l’église St-Jacques (Saint Hilaire dans l’œuvre). Elle ne comporte pas de piliers. Entièrement peinte par les « Compagnons de Jeanne d’Arc », son plafond est maintenu par une série de poutres horizontales et verticales peintes elles aussi. Ces curiosités méritent le détour. Tout comme la cathédrale de Chartres, somptueuse avec ses vitraux, la plupart de 42 m2 de surface, avec sa clôture de chœur de 6 m de haut et 100 m de long, bande dessinée sculptée. Normal que cette splendeur soit en constante rénovation. Nous n’étions pas loin de la maison Pic assiette toute en mosaïque et pas loin de notre réalité quotidienne pour un retour annoncé.

 

Les images qui s’imposent le plus à mon esprit restent la chambre de Marcel, le sentier bordé d’aubépines… un parfum de campagne fait de douceur, d’ennui, de plaisirs champêtres.


  


Une immersion en terres proustiennes dont les « Rendez-vous littéraires de Royan » peuvent être fiers.