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Danielle G.R. :

 

 

Les mémoires d’un chat – Hiro Arikawa (éditions Actes Sud)

 

 

Le premier roman d’Hiro Arikawa paru chez Actes Sud nous invite à un voyage dans le Japon contemporain à travers les mémoires d’un chat. Un chat de gouttière, un chat des rues, un chat libre à la langue bien pendue. Parce qu’il a été blessé par une voiture, il accepte l’aide et l’asile d’un japonais de trente ans, Satoru, qui le baptise «Nana » (« sept » en japonais) à cause de la forme tordue de sa queue.
L’amitié qui va lier Satoru et Nana semble indissoluble, et pourtant, pour des raisons que l’on apprendra seulement dans le dernier tiers du roman, Satoru va devoir se séparer de son chat. Commence alors un long périple à travers le pays, chez famille et amis, pour trouver des parents adoptifs à Nana, qui entend bien ne pas se laisser séparer ainsi de son sauveur et ami.
Tendre, drôle et émouvant, le roman de Hiro Arikawa est une touchante histoire, profondément humaine, un de ces récits qui font du bien au cœur. Sous des dehors sans prétention, c’est une exploration de la société japonaise et une belle réflexion sur l’amitié et sur la mort.

 

 

 

L’écliptique – Benjamin Wood (éditions Robert Laffont)

 

 

Après un premier roman étrange et fascinant (Le complexe d’Eden Bellwether), Benjamin Wood nous entraîne dans une île au large d’Istanbul, qui recèle l’énigmatique établissement de Portmantle, destiné à recevoir les artistes victimes de burn-out. Ceux-ci, acceptés par parrainage, y abandonnent leur identité et toute trace de leur passé. Knell, une femme peintre qui a connu le succès trop vite et d'une manière tapageuse qui l’a déstabilisée, ne parvient plus à terminer aucune de ses toiles. Arrivée là dix ans plus tôt, elle cherche toujours comment faire aboutir son grand œuvre. Elle passe l’essentiel de son temps avec quatre résidents de longue durée, une dramaturge, un architecte et un romancier, tout aussi perdus qu’elle. C’est alors qu’arrive à Portmantle un jeune homme de dix-sept ans, séduisant et perturbé, dont le mort va obliger Knell à se remettre en question et à se retourner vers son passé.
Les thèmes abordés ici (ceux de l’art, de la solitude, de l’inspiration) ne sont pas très éloignés de ceux que ce jeune romancier anglais avait traités dans son premier roman, sauf que le thème central ne s’articule plus ici autour de la musique, mais de la peinture. On pourra préférer le coup d’essai de Benjamin Wood qui avait été un coup de maître, mais ce deuxième opus, plus faible, n’est pas sans intérêt. Et il vous permettra d’apprendre ce qu’est un écliptique, dont Knell cherche à reproduire l’immatérialité sur sa toile à l’aide de champignons phosphorescents réduits en poudre.