Poésies

 

Haïku

Sur la mer calme
Souffle la brise d’été
Vogue le voilier

Jacqueline Jacomella

***

Aurore nacrée,
Brume sur les champs ocrés.
L’été s’épuise.

*
Petits pas feutrés
Sous les arbres qui scintillent.
Silence de neige.

*
Dans la nuit bleu paon
L’astre s’enveloppe d’or,
Danseur céleste.

*
Le sang des coquelicots
Tache l’été incendié.

Danielle Guérin

***

Coquelicot sang
Sous le soleil au zénith,
Vie s’en va pleurant.

*

Déploie tes ailes
Pie neige et jais moiré,
Au crépuscule.

*

Caresse du vent
Printemps malgré la folie,
Espoir tenace.

Brigitte Meltzheim

***

Tout est lumineux
Quand l’oiseau chante sur une branche
ou picore au printemps

Dominique Beaunier

Poèmes

Le soleil brille ; je suis méfiante.
Pas un bruit dans la ville, c’est l’attente.
L’attente d’un spectre invisible
Qui menace, paralyse, pas de détente.

Je plonge dans ma mémoire
Pour trouver des moments heureux.
J’ai même retrouvé des histoires
Où nous riions, nous étions heureux !

Je fais le ménage dans la maison, dans mon ordi.
J’ai rangé tous mes placards
Cuisiner, mieux que des raviolis !
Mais le cœur n’y est pas, ce n’est pas fini.

Respecter sérieusement le confinement prescrit.
C’est la règle il faut s’y conformer, c’est écrit.
Allons ! Ne pas sombrer dans la mélancolie.
Le temps joyeux reviendra. A bientôt les amis !

Basia

***

Quelle étoile sera la mienne parmi celles
-Perles d’un diadème de métal froid et dur-
Brillantes indifférentes d’un éclat si pur-,
Qui de leur œil glacé, la nuit, nous interpellent ?

Qu’elle file ou se balance dans sa nacelle,
Elle se tient coite et son silence est un mur :
Je ferme les yeux -éclipse d’étoiles-,
Sur mon cœur si lourd que les pâles rayons flagellent.

Ô magicienne de nuit enveloppée de noir,
Tu ajoures de guipures d’or tes sept voiles,
Ajoutes à ta parure une traîne d’étoiles,

Et éclaires aux pauvres humains ton promenoir.
« Mais non » se moque-t-elle, « De vous je n’ai cure ».
Et d’un seul coup d’épaule envergue la voilure.

Annie Birkemeier

***

Le Temps :

On cherche du temps
On n’a pas de temps
On court après le temps
On trouve le temps long
On espère avoir le temps
On regarde passer le temps
On prie le temps de nous laisser le temps
Ainsi va le temps
Et si nous prenions conscience qu’il s’écoule d’instant en instant
Par le SOUFFLE DE LA VIE
Bonne réflexion à tous

Fabienne Dhont

Jours de désarroi…

Alors ces temps furent temps de grand désarroi
Alors, en ces temps-là, planait l’invisible calamité, et les hommes et les femmes pleuraient et se lamentaient
Alors les hommes et les femmes se terraient et se calfeutraient
Alors les maisons de joie et de paix se transformaient en maisons de pleurs et de désespoir
Alors les hommes et les femmes comptaient ceux d’entre eux qui disparaissaient
Alors ils comprenaient que l’impensable soudainement advenait
Alors les hommes et les femmes, atterrés et pétrifiés, se lamentaient en longues plaintes tournées vers les cieux
Alors les cieux, immuables et légers, détournaient la tête, indifférents à tant de gémissements exprimés
Oui ces temps furent temps de grand danger et de grand désarroi

***

SMS d’un inconnu

Moi, espion libre et libéré, COVID-19, j’ai pris tout le pouvoir sur le globe terrestre. Ne me demandez pas d’où je suis parti vraiment, un espion garde ses secrets ! Mais j’ai lancé le nom de Wou-Han en Chine et je tiens à faire le tour du monde pour affoler les nations. Je suis tout puissant et j’étale mon empire où il me plait, car je n’ai pas de politique, je n’ai pas de religion. Je sème la panique, le désordre, l’horreur, la peur, l’angoisse. Songez qu’à cause de moi, un milliard de personnes sont confinées dans le monde et si je me cache, on ne me trouve pas. Ah ! Je démontre aux Hommes qu’ils ne sont pas éternels, ni jeunes à tout prix durablement.
Je ronge leurs poumons et les mets en détresse respiratoire jusqu’à ce qu’une caisse de bois scelle à jamais dans la solitude l’enveloppe de ces pauvres mortels.
Oui, je suis l’espion COVID-19, on me court après, je fuis, je virevolte, je passe inaperçu, impitoyable…
Je règne enfin, tout puissant, sur ce monde noté dans la peur. Enfin, je suis le roi du Monde, moi ! Covid19,1er _ le Roi de la Peur !

2 Replies to “Poésies”

  1. Haïkus confinés

    Au début c’est cool
    on se croirait en vacances
    in fine c’est con

    Les oiseaux s’envolent
    au nid soit qui mal y pense
    l’homme est confiné

    Christian Plain-Texier

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