Le choléra – Janie Béghin

Des chiffres et des lettres :
Voilà, je n’ai pas résisté à vous offrir ces quelques extraits tirés des mémoires d’un célèbre écrivain dont je vous laisse le soin de trouver le nom.
Les indices ne manquent pas, j’attends votre réponse et commentaires en lieu et place sur le site.

Le choléra
Le choléra sorti du Delta du Gange en 1817, s’est propagé dans un espace de deux mille cinq cent lieues du nord au sud, et de trois mille cinq cents de l’orient à l’occident ; il a désolé quatorze cents villes, moissonné quarante millions d’individus. On a une carte de la marche de ce conquérant : il a mis quinze années à venir de l’Inde à Paris : c’est aller aussi vite que Bonaparte : celui-ci envoya à peu près le même nombre d’années à passer de Cadix à Moscou, et il n’a fait périr que deux ou trois millions d’hommes.
Qu’est-ce que le choléra ? Est-ce un vent mortel ? Sont-ce des insectes que nous avalons et qui nous dévorent ? Qu’est-ce que cette grande mort armée de sa faux, qui traversant les montagnes et les mers, est venue comme une de ces terribles Pagodes adorées aux bords du Gange, nous écraser aux rives de la Seine sous les roues de son char ?
[…]
le choléra nous est arrivé dans un siècle de philosophie, d’incrédulité, de journaux, d’administration matérielle. Ce fléau sans imagination n’ a rencontré ni vieux cloitres, ni tombes gothiques : comme la terreur en 1793, il s’est promené d’un ai moqueur à la clarté du jour, dans un monde tout neuf, accompagné de son bulletin qui racontait les remèdes qu’on avait employés contre lui, le nombre de victimes qu’il avait faites, où il en était, l’espoir qu’on avait de le voir bientôt finir, les précautions qu’on devait prendre pour se mettre à l’abri, ce qu’il fallait manger, comment il était bon de se vêtir. Et chacun continuait de vaquer à ses affaires et les salles de spectacle étaient pleines. J’ai vu des ivrognes à la barrière, assis devant la porte du cabaret, buvant sur une petite table de bois et disant élevant leur verre : « A ta santé, Morbus ! ». Morbus par reconnaissance accourait, et ils tombaient morts sous la table. Les enfants jouaient au choléra qu’ils appelaient le Nicolas Morbus et le scélérat MORBUS.
[… ]
Une nuit, je me sentis attaqué, je fus saisi d’un frisson avec des crampes dans les jambes, je ne voulus pas sonner de peur d’effrayer Mme de ….. ; je me levai et une sueur abondante me tira d’affaire.

Paris 1832

4 Replies to “Le choléra – Janie Béghin”

  1. Si le choléra décrit par Chateaubriand a disparu aujourd’hui en France métropolitaine, il continue à faire des ravages dans le monde. L’OMS estime que le choléra entraîne chaque année 20 000 à 150 000 morts pour 1 à 4 millions de cas recensés.

  2. …Dumas?…Chateaubriand?…Janie va probablement laisser d’autres s’exprimer avant de donner la réponse….Insupportable attente!
    Jacques

  3. J’apporte mon soutien à Jean-Paul : je crois que l’auteur des Mémoires d’outre-tombe ne « voulu(t) pas sonner de peur d’effrayer Madame de Chateaubriand ».

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *