Les cafés littéraires, philo, sorties et autres au 28 septembre 2022

👥 écrire pour l'Ukraine 👥 "Cinquante nuances de noir" ✎ Annie Birkemeier

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Écrire pour l’Ukraine

Cinquante nuances de noir

Combien de nuances de noir
Redessinent l’Ukraine ?
Combien de nuances de haine
Assassinent l’espoir ?

Quel peintre du noir, dépravé,
A remplacé Soulages
Dans une guerre de triage,
Suie et sang élavé.

Quelle plage sous le pavé ?
Au bord de quels rivages ?
On ne voit plus que sarcophages
De béton entravé
De ferraille enlisée
Dans la bourbe pulvérisée.

C’est un noir lugubre et blafard
D’où plus ne jaillit la lumière,
Étrange cimetière
Perdu dans le brouillard
Qui s’effiloche à la croisée
D’une route carbonisée.

Annie Birkemeier, mai 2022

👥 écrire pour l'Ukraine 👥 "Ukraine, ton drapeau !" ✎ Philippe Lecomte

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Ukraine, ton drapeau !

La Crimée, c'est ce médaillon que portrait en sautoir la terre ukrainienne, il est cette première larme perdue, dans une mer décidément bien noire !

Alors que le sang coule sur le sol ukrainien, inlassablement, langoureusement, le Danube, le Dniepr, et le Dniestr se préparent à arroser ces immenses champs de blé,  aux cheveux d'or, parcourus de ces sanglantes mèches veineuses, dessinées sans état d'âme, par les mains assassines de l'homme du Kremlin !

Triste est le regard du soleil, perdu dans ce ciel bleu, attendant que brille à nouveau le jaune et scintillant sourire des vastes champs de blé..

Elles sont vivantes désormais dans nos cœurs ces deux couleurs qu’arbore avec tant de douceur le drapeau Ukrainien !

Tant de drapeaux que l'on adule ou que l'on piétine !

Philippe Lecomte, avril 2022

 

👥 écrire pour l'Ukraine 👥 "Le sang séché de l'Ukraine" ✎ Annie Birkemeier

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Écrire pour l’Ukraine : Le sang séché de l’UKRAINE   

 
Alors celui qui se prend pour Dieu fit descendre du ciel une pluie de soufre et de feu. (Librement inspiré de la Genèse)
 
Le feu venu des cieux dévale
Telle une cavale affolée
Qui éperonne sa fringale
Et s’alimente à la volée.   
 
 Il accompagne dans l’horreur 
 D’étranges oiseaux déchaînés 
 Dont les traits rougeoient de fureur 
 – Tels feux d’artifice explosés.   
 
 L’astre roi baisse les paupières : 
 La plaine, immense embrasement, 
 Roussit les oiseaux et les pierres 
 En un silencieux dénuement.   
 
 Les végétaux au désespoir 
 Implorent en vain les nuées 
 Et brandissent muets et noirs 
 Leurs pauvres rameaux calcinés.   
 
 Puis un fleuve de feu ruisselle, 
 Embrase et foudroie les cités, 
 Envahissant rues et ruelles, 
 Engloutissant toute beauté.   
 
Où sont les arts et l’hédonisme, 
 Où sont les rires des enfants ? 
 Qui assassine l’humanisme 
 Usurpant les crimes d’antan ?   
 
Toi, le bourreau, et toi, le brave, 
 Vaincus ou prétendus vainqueurs 
 Pleurerez des larmes de lave 
 Desséchant pour longtemps les cœurs.   
 
 Les Thermopiles, Massada ou Marioupol ! 
 Vous entrerez nus dans l’Histoire 
 Après le même combat fol, 
 Et n’aurez que la mort pour seul titre de gloire.   
 
Le soleil ne brille plus que sur la ferraille
Où éclosent ses fleurs de rouille dans la pierraille...   
 
C’est le sang séché de la Nature recouvrant celui des Humains.
 
Annie Birkemeier, avril 2022
 

👥 écrire pour l'Ukraine 👥 "Ukraine… avant… après ?" ✎ Allain Glykos

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Ukraine… avant… après ?
 
 
Il y a cent ans, sur les bords de la mer Égée, 1 500 000 Grecs, hommes, femmes et enfants, fuyaient les troupes ottomanes qui avaient décidé de « nettoyer » leur territoire de toute présence chrétienne. 
 
Purification. 
 
« Vous n’êtes pas chez vous !» hurlaient les porteurs d’armes à ceux qui n’avaient que leurs mains et leurs yeux pour pleurer. 
 
Massacres, viols, déportations furent pendant des semaines le lot de ce peuple martyrisé sous le regard « neutre » des alliés occidentaux dont les navires militaires mouillaient au large de la côte dentelée de l’Asie mineure. Il ne fallait pas trop affaiblir ce qui allait devenir la Turquie moderne, afin d’éviter une extension dangereuse de l’Union soviétique, quitte à sacrifier les populations grecques qui vivaient là depuis des siècles. 
 
Les «Alliés » se contentèrent alors de récupérer en catastrophe les malheureux qui fuyaient sur des embarcations de fortune. 
 
Première opération humanitaire du XXème siècle. Arrangements avec la mauvaise conscience.
 
Mon père avait alors 7 ans lorsqu’il vécut ce désastre et l’assassinat de son propre père. 
 
Il n’est plus là aujourd’hui pour assister près de moi, impuissant, au spectacle d’horreur qui se déroule quotidiennement sur nos écrans et qui semble si réel qu’on ne parvient pas à y croire même quand on se frotte les yeux. Me donnerait-il la main pour ne pas me perdre, comme l’avait fait sa grand-mère ? Pleurerait-il comme il avait pleuré quand les Serbes massacraient les Bosniaques de Srebrenica ou les Albanais de Sarajevo, quand les Hutus exterminaient les Tutsis à la machette, quand les Russes détruisaient Grozny et Alep, quand les Américains laissaient l’Irak à son chaos, les femmes afghanes aux mains des Talibans ? Des noms me reviennent : Saint-Barthélemy, Oradour sur Glanes, Mý Laï, Sabra et Chatila. 
 
Aujourd’hui Kiev, Marioupol, Odessa… Alors j’ai pris le témoin qu’il m’a tendu : un petit sac de larmes dont je ne parviens pas à défaire le lacet de cuir qui le maintient fermé.
 
La monstruosité assèche toute effusion et laisse place à la colère, à l’indignation, à la honte d’être humain. La peur aussi de devenir un monstre comme les humains. 
Le plus beau coin de paradis, disait mon père, un jour au bord de la mer Égée, peut en quelques minutes devenir un enfer. Les flots peuvent virer du bleu au rouge, les cadavres joncher les champs de blé, les vautours remplacer les hirondelles.
 
Et puis un jour, il a décidé de mourir, pour ne pas voir la suite. Inutile que je reste, m’a-t-il dit, je la connais. Il pleuvra de nouveau des bombes sur les villes, des femmes et des enfants fuiront, des hommes tueront, mourront. « Allez, à la prochaine ! » diront les survivants. Et puis de nouveau un oubli silencieux et cynique s’abattra sur le monde. 
 
Allain Glykos, avril 2022
 
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