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> Billet d'humeur printanière ✎ Annie Birkemeier

Rédigé par webmestre Aucun commentaire
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Qui l’eût cru ? Une indiscrétion d’un collaborateur, qui fait florès sur le net, m’apprend que l’ex- premier ministre, Édouard Philippe, et moi avons un point commun. Excusez du peu. La même passion pour Bruce Springsteen (Nomen est Omen) ! Les ors de son bureau marquetté d’essences rares ne bruissaient pas - non ! -, retentissaient de la musique du Boss à toute berzingue. Tout comme moi quand je suis seule à la maison et que j’ai l’âme d’une teenie printanière. Désormais, quand je croiserai un type qui a avalé un manche à balai, je le regarderai avec circonspection et les yeux prêts à s’illuminer d’étoiles. Qui aime Bruce Springsteen ne peut pas être totalement mauvais.

Je sais maintenant que dans sa tête il se déhanche avec souplesse quand il écoute le jeune banlieusard testostéroné et permanenté qui hurlait dans ses premiers micros qu’il en avait marre de lui, qu’il voulait tout changer, sa gueule, ses cheveux, ses fringues : Baby, I need just a little help. Et moi, j’aurais pu être une de ces trois gobettes énamourées qui le regardent comme le messie au premier rang. Mais, à la place de Courtney Cox, je me serais évanouie en montant sur scène... Allez, souvenez-vous : Dancing in the dark.


Il aurait chanté dans ma cuisine le désespoir d’avoir perdu confiance en l’amour de sa première femme, d’avoir perdu confiance en lui-même : Brilliant desguise, la chanson de l’homme de trente ans :



Et maintenant que je suis une mamie, il me reste de partager l’émotion indicible des grand(s)-mères (pour l’Académie : pas de « s » à grand, mais on peut faire comme on veut !) que l’homme de soixante ans invite régulièrement sur scène avec toujours la même générosité. Après, elles peuvent mourir en paix, le sourire aux lèvres :


Et puis, il y a le père de famille qui chante pour Patti, la mère de ses enfants : Tougher than the rest ; celui qui parcourt, désenchanté, les rue dévastées de Philadelphie : Streets of Philadelphia ; celui qui, en 1988, à Berlin-Est, chante Born in the USA, My hometown, etc. devant des centaines de milliers de jeunes qui chantent en même temps que lui des chansons qu’ils n’auraient jamais dû entendre et encore moins apprendre. Un moutonnement de têtes blondes excitées qui vivaient en grand pour la première fois de leur vie. Un an plus tard, ils s’en souviendraient et nous savons comment. La Stasi et le KGB ne s’en sont jamais remis et... ont disparu. Et voilà comment s’écrit l’Histoire. Le Boss, lui, continuera longtemps à nous enchanter.

Un p’tit dernier pour la route : 


Son allemand est à couper au couteau, mais le public a tout compris : un mur n’est rien d’autre qu’une barrière, et les barrières sont faites pour être ouvertes... Il n’oubliera pas le message.

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