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> le printemps des poètes 2021 ✎ Janie Beghin

Rédigé par webmestre 3 commentaires
Classé dans : poésie Mots clés : aucun

O longs désirs, ô espérances vaines

Tristes soupirs et larmes coutumières

A engendrer de moi maintes rivières

Dont mes deux yeux sont sources et fontaines

Louise Labé



Et si nous fêtions l'arrivée du printemps en poésie ?

Cette année, c'est le thème du désir qui a été choisi pour le lancement du Printemps des poètes.

Les Rendez-vous littéraires s'associent à leur façon à cette édition pour au moins deux bonnes raisons :

1/ C’était, c'est,  le sujet proposé pour le prochain Café-Philo (date encore inconnue ce jour) et dont voici le questionnement : Faut-il libérer le désir ou se libérer du désir ?

2/ Côtoyer la poésie par les temps qui courent, nous est un doux luxe que chacun peut s'offrir impunément. Lire mais aussi écrire autour de ce thème vous plairait-il ? Nous n'attendons que cela de votre part : n'hésitez pas à envoyer sur le site des vers de votre composition, une simple ligne peut suffire ! Ceux et Celles qui avaient fait le voyage à Saint-Cirq la Popie se souviendront de cette magnifique phrase d'André Breton : J'ai cessé de désirer ailleurs, en découvrant la  maison qu'il allait baptiser "La Rose impossible".

Enfin, sur l'affiche du Printemps des poètes figurent quelques vers du grand Fernando Pessoa :  ( pour les curieux, voir ci-dessous la transcription complète dans les deux langues de cette ode mélancolique ).

Que inquietação profunda, que desejo de outras coisas....

JB




Ah, le crépuscule, la chute du jour, les lumières qui s’allument dans les grandes cités
Et la main de mystère qui couvre tout le brouhaha,
Et la lassitude de toute notre corruption intérieure
Qui débouche sur la sensation exacte et précise et active de la Vie!
Chaque rue est un canal d’une Venise d’ennuis,
Et quel mystère dans le fond unanime des rues,
Des rues à la chute du jour, ô Cesário Verde, ô Maître,
Ô toi qui écrivis Sentiment d’un Occidental!
"Quelle profonde inquiétude, quel désir d’autre chose,
Autre chose qu’un pays, qu’un moment, qu’une vie,
Quel désir, peut-être d’autres états d’âme…"

Ah o crepúsculo, o cair da noite, o acender das luzes nas grandes cidades
E a mão de mistério que abafa o bulício,
E o cansaço de tudo em nós que nos corrompe
Para uma sensação exacta e precisa e activa da Vida!
Cada rua é um canal de uma Veneza de tédios
E que misterioso o fundo unânime das ruas,
Das ruas ao cair da noite, ó Cesário Verde, ó Mestre,
Ó do «Sentimento de um Ocidental»!
Que inquietação profunda, que desejo de outras coisas.
Que nem são países, nem momentos, nem vidas.
Que desejo talvez de outros modos de estados de alma
Humedece interiormente o instante lento e longínquo!
Um horror sonâmbulo entre luzes que se acendem,
Um pavor terno e líquido, encostado às esquinas
Como um mendigo de sensações impossíveis
Que não sabe quem lhas possa dar...
Quando eu morrer,
Quando me for, ignobilmente, como toda a gente,
Por aquele caminho cuja ideia se não pode encarar de frente 

Por aquela porta a que, se pudéssemos assomar, não assomaríamos
Para aquele porto que o capitão do Navio não conhece,
Seja por esta hora condigna dos tédios que tive,
Por esta hora mística e espiritual e antiquíssima,
Por esta hora em que talvez, há muito mais tempo do que parece,
Platão sonhando viu a ideia de Deus
Esculpir corpo e existência nitidamente plausível.
Dentro do seu pensamento exteriorizado como um campo.
Seja por esta hora que me leveis a enterrar,
Por esta hora que eu não sei como viver,
Em que não sei que sensações ter ou fingir que tenho,
Por esta hora cuja misericórdia é torturada e excessiva,
Cujas sombras vêm de qualquer outra coisa que não as coisas,
Cuja passagem não roça vestes no chão da Vida Sensível
Nem deixa perfume nos caminhos do Olhar.
Cruza as mãos sobre o joelho, ó companheira que eu não tenho nem quero ter.
Cruza as mãos sobre o joelho e olha-me em silêncio
A esta hora em que eu não posso ver que tu me olhas,
Olha-me em silêncio e em segredo e pergunta a ti própria
— Tu que me conheces — quem eu sou...

30-6-1914
“Dois Excertos de Odes (Fins de duas odes, naturalmente)”.
Poesias de Álvaro de Campos. Fernando Pessoa. Lisboa: Ática, 1944 (imp. 1993).
1ª publ. in Revista de Portugal, nº4. Lisboa: Jul. 1938.

3 commentaires

#1  - Théboul a dit :

Le désir, c'est la vie, sinon je meurs.

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#2  - Jean Paul Gazeau a dit :

Le désir a inspiré l’un des plus beaux kakemphatons de la littérature française : « Vous me connaissez mal : la même ardeur me brûle / Et le désir s'accroît quand l'effet se recule ». Ce qui a fait dire à Lacan que « nous sommes mus par nos désirs qui pourtant se dérobent sans cesse ».

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#3  - Jacques Eskénazi a dit :

Qui donc a dit : "Et le désir s'accroît quand les fesses reculent"...Ce n'est pas politiquement correct, bien sûr!

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