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> Billet d'humeur : suite et fin ? Que nenni ! ✎ Annie Birkemeier

Rédigé par webmestre Aucun commentaire
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BILLET D’HUMEUR

Quand j'ai publié sur le site des rdv littéraires mes trois derniers billets d'humeur, certains ont dû se demander ce que signifiaient ces élucubrations qui sentaient l'entrisme universitaire à plein nez. Ce milieu a été ma vie pendant plus de trois décennies, c'était bien normal que je m'inquiète... Je ne me doutais pas quand j’évoquais la possible contagion de certaines universités américaines en France que la « french theorie » nous reviendrait si vite sur le coin du museau en boomerang. 
C’était sans compter avec l’UNEF qui, privée des idoles indispensables et obligatoires d’antan (Mao est mort et le beau Fidel ne fait plus rêver), constate que la nature a horreur du vide et remplace le prolétariat disparu par les nouveaux damnés de la terre : les musulmans de France. Où étaient-ils les représentants de l’UNEF quand les vrais nouveaux prolétaires (qui peuvent être aussi des musulmans) manifestaient en gilets jaunes ? Quant à Sciences-Po-Paris, des délégués étudiants ont institué, en réponse à la journée de la jupe, la journée du voile - le hidjab day - par solidarité avec les étudiantes voilées ! À quand la journée de l’enlèvement du voile par solidarité avec celles qui doivent le porter sous peine de mort ? 

Je me rappelle avec dégoût le jour où, arrivée au Restau U avec un bonnet sur la tête, j’ai vu tout à coup une tranche de pain atterrir sur ma table. J’ai été surprise sans plus. Puis atterrirent la deuxième, la troisième, etc. J’avais été littéralement bombardée de tranches de pain et, là, j’ai enfin compris que ces messieurs les étudiants mâles, qui formaient alors le gros du campus, avaient promulgué secrètement un oukase interdisant aux filles d’avoir la tête couverte ( ?!) sous peine d’humiliation publique. Autres temps, autres moeurs. Aujourd’hui, aucun de leurs pareils n’oserait moufter devant des filles en tchador. Ils ont bien trop peur... J’ai tenu bon. J’ai gardé mon bonnet enfoncé jusqu’aux deux oreilles. Mais, terrifiée par cette mise au pilori, je n’ai plus jamais couvert mes cheveux, même par -10° en hiver (chose encore courante à l’époque).

Deux profs de Sciences-Po-Grenoble ont été jetés par l’UNEF en pâture à la vindicte de suiveurs décérébrés (autant leur clouer une cible dans le dos) parce que l’un d’eux avait osé dire qu’on ne pouvait pas mettre sur le même plan l’islamophobie (=la peur de l’islam) qui ne tue personne et qui est une opinion, l’antisémitisme qui a tué des millions de personnes par le seul fait d’être réduites à leur seule religion (même les non-croyants !) et le racisme (qui serait institutionnel en France) ! Et certains collègues de mettre leurs têtes sous le même bonnet, quelques-uns par idéologie (c’est leur droit !), d’autres parce qu’ils ont peur de paraître réacs aux yeux des étudiants meneurs. L’inversion des valeurs fonctionne du feu de dieu. Les profs craignent les élèves et préfèrent leur complaire plutôt que d’engager une discussion dans laquelle ils se sentent peu ou prou largués. Ces pleutres suivistes deviennent ainsi les petits commissaires des idéologues.

En me relisant, je constate que je jargonne comme ceux que je veux dénoncer et je m’en excuse. Bien forcée d’utiliser leur langage... Il fallait probablement déconstruire les mécanismes de la domination du mâle-blanc-cis-genre-exploiteur des femmes et des minorités, mais là, on assiste à la même chose à l’envers : la promotion du racialisme, l’assignation identitaire à géométrie intersectionnelle (race+couleur+sexe biologique+genre non biologique mais imposé par la société+etc.), le ciblage des interdits de parole (Sylviane Agacinski, Finkielkraut, Luc Ferry entre autres, et bientôt - ce n’est qu’un pari de ma part - Michel Onfray), bref : une gangrène qui détricote le tissu républicain. L’ordre pyramidal a été inversé et sa base est désormais la concurrence mémorielle superposée à la compétition victimaire. Et on peut craindre que les nouveaux concepts qui en découlent, comme la blanchité, l’intersectionnalité, la théorie d’un racisme structurellement blanc qui fondent la cancel culture (la culture de l’ostracisation), ne débouchent sur l’éparpillement de la société façon puzzle.

Pendant ce temps, des mineurs devenus des djeun’s lobotomisés et tribalisés s’entretuent sur les dalles de leurs quartiers (le mot se prononce en éructant fortement les consonnes). Pas de rapport ? Que nenni ! Mais c’est une autre histoire.

Pendant ce temps, une princesse de contes de fées chouine devant une star médiatique en se plaignant du racisme dont elle a/aurait été victime à la Cour d’Angleterre (le beau-père avait quand même payé de sa poche le mariage pour huit-cents personnes, le coach de la dame, ses robes - une tenue quotidienne -)... Résultat des courses : certains pays vont en profiter (bon prétexte ?) pour quitter le Commonwealth, l’Australie en tête. D’un claquement de ses doigts embagousés (les diamants de Lady Di !) la dame va obtenir sans coup férir ce que ni Philippe II d’Espagne, ni Napoléon, ni Hitler n’avaient réussi au cours des siècles. Les mimines de la dame, cerclées du bracelet de diamants de Lady Di, caressaient un petit bidou prometteur et si touchant. L’amiral Nelson s’est retourné dans sa tombe ! Pas de rapport ? Que nenni ! Mais c’est une autre histoire.

Mais restons en France. La nébuleuse des revendications ethniques a-t-elle déjà tué le crédo universaliste français ? Zat ise ze couestionne, mon cher Docteur Watson.

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