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> Les vraies victimes versus la chochotterie victimaire élevée au rang de vertu cardinale ✎ Annie Birkemeier

Rédigé par webmestre Aucun commentaire
Classé dans : tribune libre Mots clés : aucun

L’actualité est emplie d’événements qui convergent en sens opposé vers les extrémismes. À peine vient-on mettre le doigt dans la plaie du libertarisme sexuel hérité de mai 68, du jouir sans entraves et des nouvelles « sciences » ( ! ) sociologiques qui prônaient l’abandon de toutes les hiérarchies, la déconstruction des traditions liées aux mythes et religions, ou aux morales castratrices et aliénantes, que l’on découvre une nouvelle hiérarchie : celle, inversée, des minorités. (Ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain : mai 68 a apporté un bon coup de vent frais et roboratif.)

Je m’explique : les enfants d’une certaine élite intellectuelle, politique et affranchie, découvre que leur milieu, où ils pouvaient vivre « libérés » du suspicieux jugement social auquel sont soumises les petites gens à la morale petite bourgeoise et étriquée, loin de les protéger, en avait fait des victimes « consentantes », flétries dans leur chair et dans leur âme par des adultes prédateurs et dévoyés. Et ça fait très mal.

Pourquoi les écoute-t-on enfin et pourquoi les croit-on après les avoir ignominieusement ignorés ? Pour la raison la moins recevable : celle du marathon victimaire qui fait des ravages en dévoyant le « politiquement correct » pourtant nécessaire pour lutter contre la banalisation de l’insulte, l’arrogance et la dérision facile. Contre le mépris de classe aussi. Et voilà comment une caricature de Gorce (suit ci-dessous, si permis et si le format est compatible), spirituelle et drôle, ironique miroir de notre société, se voit CENSURÉE (= retirée avec excuses à l’appui) par le Monde. Non mais, qu’est-ce que c’est que ce délire ?

Ce délire est en train de contaminer bon nombre d’universités aux USA et dans le monde occidental. Je vous invite à regarder avec attention cette vidéo qui n’est pas tout à fait récente, c’est vrai, mais elle est toujours plus d’actualité, et je propose de la rendre virale.


( vidéo de 52 ' )

[Ne vous offusquez pas de ce qui suit. Je carbure au 2nd degré encore plus qu’au champagne.]

Vous pensez que tout ça est un fake ? Ben non, voyons ! Nous sommes en présence de jeunes étudiants motivés (université d’Evergreen dans l’état de Washington) qui répètent probablement quelques scènes de la pièce qu’ils ont écrite en coopération avec certains de leurs profs et qu’ils mettent en scène eux-mêmes. Ils veulent, de toute évidence, dénoncer tous les intégrismes et, en particulier, leurs symptômes annonciateurs.

J’accorde une mention spéciale aux jeunes filles qui jouent de façon bluffante la hyène hystérique/la victime de la blanchité/la warrior-baby, mais aussi à celle qui se repent de sa blanchité : émouvant et criant de vérité ! Quant au jeune premier qui joue le garde-rouge polpotien/l’indigène de la république, il est tellement à l’aise dans son rôle, il semble tellement satisfait de sa prestation qu’on a l’impression qu’il va jouir. Trop mignon. Un bémol en ce qui concerne le président de l’université, mais il faut avouer que son rôle est difficile parce qu’ambigu : il doit jouer l’arroseur arrosé, celui qui à force d’antiracisme finit par essentialiser le concept de race et devient donc, en creux, raciste sans le vouloir... Il incarne à la perfection l’impasse dans laquelle s’est manœuvrée la blanchitude honteuse. Qu’il s’étonne ensuite de se voir retirer le droit d’aller pisser quand il en a besoin ! Puni le George : quand on a la vessie fragile on ne se lance pas dans de telles galères.

Une autre mention spéciale pour honorer la maquilleuse qui a su peindre la terreur sur le visage du second personnage de l’administration universitaire !

P.-S. : La pièce s’intitule « Qui sème le vent récolte la tempête ».

P.-S.’ : Pour parfaire leur éducation artistique, je suggère à nos jeunes acteurs in spe de s’inspirer de leurs grands anciens : les procès staliniens, l’UNEF qui en mai 68 préconisait de saluer les profs avec des mots de bienvenue tels que « Crè... sal... », ou les gardes rouges qui promenaient les leurs la corde au cou et avec des écriteaux les dénonçant comme «Je suis une vermine capitaliste », « Je suis un traitre à la classe ouvrière », « Je suis un bourgeois privilégié et dégénéré », le tout agrémenté de crachats... Je conseille quand même d’oublier les crachats : ils ne font pas, ou plus, partie de notre culture occidentale..

P.-S.’’ : Lire ou relire La tache de Philip Roth et Le bûcher des vanités de Tom Wolf, deux puissants chefs-d’oeuvre prémonitoires.

P.-S’’’ : Voir ci-dessous la caricature de Gorce et sa défense.

Annie Birkemeier




On vous reproche, dans ce dessin, de vous moquer des victimes, de faire de l'humour sur des minorités. Vous n'aimez pas les minorités ?

 C'est faux, rien ne peut laisser penser une chose pareille. Je vois surtout que la susceptibilité des réseaux sociaux a encore frappé ! Oui, il y a des communautés qui s'identifient comme victimes de la société, à tort ou à raison, et les communautés transgenres font partie de tous ceux qui n'acceptent pas que l'on fasse de l'humour sur des situations vécues douloureusement… Mais si on ne doit plus rire des situations douloureuses, je ne vois pas de quoi on va pouvoir rire dans les dessins de presse des années à venir ! Le rire est une défense, une critique, jamais une moquerie ou une humiliation. Je regrette d'avoir à le préciser, mais pour moi, le rire n'a pas à répondre aux impératifs de la morale ou de l'émotion, car la morale n'a rien à voir avec l'intelligence ou la compréhension des choses. Aujourd'hui, les réseaux sociaux attendent que l'on s'indigne de tout. Croire que l'humour consisterait à se moquer des victimes est un contresens, je fais ce que j'ai toujours fait, j'ironise sur des situations absurdes. Le fait de s'interroger sur la filiation pour définir s'il y a inceste ou pas inceste évidemment est une ironie, comme si changer la définition de l'inceste pouvait excuser la pédocriminalité…  


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