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☕ 8 novembre 2016 : 62ème séance des rendez-vous littéraires de Royan

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          Errances et mystères dans la forêt de la Courbe par Jacques-Edmond Machefert, romancier

Jacques–Edmond Machefert

 

Les Anges de la Coubre

* Un ami qui vous veut du bien (extrait p. 111)

- Allo ?

D'habitude, je me présente, mais là je n'ai même pas le temps ; un flot d'injures intarissable me submerge. Je ne comprends même pas ce que mon interlocuteur me reproche, mais lui, apparemment, il le sait. On dirait un chien enragé tant il aboie avec conviction et méchanceté. Inutile, dans ces conditions, d'espérer en placer une.

Brutalement, il raccroche. Le silence reprend sa place dans le studio, me laissant face à quelques supputations. Une blague? Non, je n'ai pas de copain assez débile pour ce genre de mauvaise plaisanterie. Un ennemi ? Mon foutu caractère me vaut parfois quelques inimitiés, mais je ne les crois pas suffisantes pour motiver ce tombereau d'ordures...

 

* Le sémaphore abandonné de La Coubre (extrait p. 170)

Au premier étage, je vois des fenêtres ouvertes, mais au rez-de-chaussée, les ouvertures ont été récemment murées avec des parpaings. On a voulu dissuader d'éventuels squatters... Je regarde un peu partout dans l'espoir de trouver une porte qui aurait échappé à la vigilance des maçons, et qui permettrait d'accéder à l'intérieur des locaux. Peine perdue. Je me décide alors, sans grande conviction à contourner la tour. Et là, je me retrouve brusquement face à un véhicule, un 4x4 noir qui me regarde de ses yeux éteints et menaçants. Je m'apprête à manifester ma stupeur, mais je n'ai déjà plus de voix. La nuit tombe sans qu'une lumière quelconque ne s'allume, les oiseaux cessent de chanter, les têtes de pins ne bruissent plus dans la brise.

Tout est noir et silencieux comme la mort. J'ai juste une pensée pour mes copains qui vont s'inquiéter, là-bas, au bord de la route.

 

Editions Le Croît Vif, 2016

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