Les cafés littéraires, philo, sorties et autres au 28 septembre 2022

↬ café-philo du jeudi 18 novembre 2021 : " Mieux penser pour mieux vivre " ✎ Jacques Eskénazi

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Le jeudi 18 novembre à 17h. au Garden Tennis,
 
" Mieux penser pour mieux vivre "
 
café-philo des rendez-vous littéraires de Royan :
 
" Platon, Aristote, les Stoïciens, les Épicuriens, Ésope... Leur pensée est-elle toujours actuelle ? "
 
présenté par Jacques Eskénazi.

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✎ café philo pastiche par Annie Birkemeier

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Classé dans : poésie Mots clés : aucun

Notre philosophe maison se/nous demande parfois si nous pourrions nous passer des Anciens, des Grecs surtout. Eh bien, NON, moi j’dis ! Et vive Homère, ses héros immortels et leur parodie. (Merci à Jacques Offenbach et aux librettistes Henri Meilhac et Ludovic Halévy : La Belle Hélène, 1864 !)  

 

LE PÉLÉIDE EST FATIGUÉ

Qui souffle dans la conque

Fle dans la conque, fle dans la conque

C’est ce vieux Stentor

Oui, c’est ce vieux Stentor.

Ce n’est pas un ténor, non

Pas un ténor, non, pas un ténor, non

Pas non plus Nestor

Non, pas non plus Nestor.


C’est qu’il bat le rappel, oui

Bat le rappel, oui, bat le rappel

Au combat des Myrmons

Des Myrmi-myrmidons.


Car le bouillant Achille boude,

Couché, appuyé sur son coude :

L’ont fui la transe, la fureur

Et l’aristie, aurait-il peur ?


L’écume aux dents, dieux et déesses

S’affrontent, Héra contre Hermès.

Lui, dans une joute vocale,

Au milieu des pleurs et des râles,

Déboute incontinent Stentor

Et finit par le mettre à mort.


Patrocle, éromène d’Achille,

Est promu Capitaine et mène

Au combat les fougueux Hellènes,

Mais tombe sous les coups d’Hector ;

La situation est labile,

Antiloque annonce sa mort.

La colère du Péléide

Ne connaît dès lors plus de frein ;

Il se bat, rendu intrépide

Par l’étendue de son chagrin,

Massacre et profane, perfide,

Hector, le héros des Troyens.


Mais il meurt sous les homicides

Traits de Pâris de qui la main,

Guidée par l’ire d’Apollon,

Vise le héros au talon.

Il succombe et ne verra pas

Tomber les murailles de Troie.

 

Annie Birkemeier

✎ Hommage à un fou littéraire par Danielle Guérin-Rose

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Il s’appelait Patrice Louis, mais nombre d’entre nous le connaissaient comme « Le Fou de Proust », reprenant ainsi l’intitulé du blogue qu’il consacrait à l’auteur avec lequel il était un jour tombé en amour.
Et fou, et amoureux des mots et de la pensée proustienne, fallait-il qu’il le fut, pour choisir de s’installer, après une vie professionnelle bien remplie, dans ce petit village d’Illiers, à jamais associé au Combray de l’enfance proustienne, au point de changer officiellement de nom.

Il était venu s’arrimer près du Pré-Catelan et de la maison de tante Léonie après avoir bourlingué hardiment entre Outre-Mer (où il rencontra sa femme Violette) et continent africain (où il rencontra Aimé Césaire), et avoir poursuivi sur les ondes une longue carrière qui l’avait mené d’Europe 1 à Radio-France, de Canal Plus à BFM TV. Il avait aussi écrit des livres, mais un jour, en tournant les pages de « La Recherche », cette âme littéraire était tombée en passion pour le Petit Marcel, et son univers immense l’avait pris dans ses filets pour ne plus jamais le lâcher. Il connaissait sa « Recherche » sur le bout du doigt, et avait répertorié tous ses personnages, travail titanesque, dont il ne s’est jamais lassé.

Il était venu deux fois nous visiter aux Rendez-vous Littéraires de Royan, la première pour nous parler de Proust, bien sûr, et après la conférence, nous avions égrené avec lui des passages de la Grande Œuvre[D1] , en longeant le bord de mer, comme ailleurs, sur la côte Normande, le faisaient les Jeunes-Filles en fleur. Il faisait beau, il portait un costume clair. Il était plein de fougue, de faconde, d’élan et de sympathie humaine. Nous avions eu envie de le revoir et de l’entendre à nouveau, lui et sa culture chaleureuse, dépourvue de pédanterie. Et il était revenu avec Laurent Doucet, pour nous entretenir de leur ami commun Aimé Césaire, cette fois.

Ce ne fut pas notre dernière rencontre. Celui que nous regardions à présent comme un ami, nous avait accueillis à Illiers-Combray, où il nous avait servi de guide érudit et charmant. Nous avions suivi avec lui le chemin des aubépines et visité les sources de la Vivonne, et c’était un peu comme si Proust lui-même nous montrait la route, comme s’il marchait à nos côtés. Notre visite à Combray n’aurait pas été le même, sans Patrice.

Il sera encore là, longtemps, dans notre mémoire, après que le cancer eut fini par le vaincre, ce 17 novembre 2021 (un jour seulement avant l’anniversaire de la mort de Proust). Il parlait librement de sa maladie, de ses traitements difficiles, du dévouement des soignants, de son long combat, sur son site FaceBook. Il le faisait sans se plaindre, avec beaucoup de bravoure et de cran. C’était comme un feuilleton qu’il écrivait pour nous, une sorte de journal à épisodes avec l’arrivée dans sa boite aux lettres de mystérieuses chaussettes de couleur ou de bonnets tout aussi colorés, dont l’expéditeur restait mystérieux, et les poétiques bouquets de Violette, qu’elle confectionnait pour lui. Pas vraiment triste, ce noir feuilleton, en dépit de son arrière-plan dramatique, et même parfois plein d’humour, à cause de la dignité de l’auteur, de son optimisme, même, et de sa volonté de se battre, envers et contre tout. Jusqu’au dernier moment, jusqu’à son retour de l’hôpital, où il avait passé un mois, il y a si peu de jours, il ne baissait pas la garde.

Mais la mort a fini par gagner, en dépit de la lutte sans merci. Elle gagne toujours en fin de compte, c’est ainsi. Et j’espère que notre Fou de Proust me pardonnera, si pour lui adresser un dernier salut, je ne cite pas son auteur préféré, un extrait par exemple, de la mort, si touchante, de la grand-mère, mais si j’emprunte à Rostand les derniers vers de son chef-d’œuvre, parce que je trouve qu’ils lui vont bien, qu’ils conviennent à son courage et à sa vaillance :

-      «  Il y a malgré vous quelque chose
Que j'emporte, et ce soir, quand j'entrerai chez Dieu,
Mon salut balaiera largement le seuil bleu,
Quelque chose que sans un pli, sans une tache,
J'emporte malgré vous, Et c’est ... (...)
-      C’est ?
-      Mon panache. »


Danielle Guérin-Rose

✎ à Brassens par Annie Birkemeier

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À Brassens

Pas un jour de la semaine dernière sans que les journaux, les chaînes de radio ou de télévision, tous azimuts, ne célèbrent la mémoire de Georges Brassens qui est né il y a cent ans pour me/nous ravir, et nous a quittés voilà quarante ans déjà. De Sète avec son bateau-musée - le Roquerols -, qui lui est dédié, à Montpellier avec trois mois de célébrations autour de l'artiste, en passant par de multiples manifestations, l’un des plus grands poètes français du XXe siècle est enfin mis à l’honneur. Homme du peuple, anticonformiste et libertaire, il a initié ses contemporains, du plus humble au plus érudit, à la poésie la plus raffinée comme la plus politiquement incorrecte. Souvent désinvolte, jamais vulgaire, affichant avec une coquetterie d’esthète une culture et un vocabulaire impressionnants, tonton Georges - mon Maître - a su ressusciter dans ses poèmes le Moyen Âge, la Renaissance, les classiques et les poètes des plus coruscants aux plus oubliés, du « père » Hugo à l’humble Paul Fort. Villon, Corneille ou Verlaine devinrent grâce à lui nos contemporains. Plus sa langue est (volontairement) surannée, et plus il lui donne ce goût d’exotisme et d’éternité qui en font à jamais le musée vivant de la poésie française. Cornegidouille, jarnicoton et palsembleu, Tonton, je suis orpheline de toi. À l’âge de 5 ans, je pleurais sur le Petit cheval dans le mauvais temps et à 13, je faisais semblant d’écouter Gastibelza avec une copine, alors que c’est P... de toi et La Mauvaise réputation qui nous faisaient goûter délicieusement à la transgression !

Traduit en vingt langues par des brassensologues avertis, idole des Espagnols et des Latinos qui en avaient fait un étendard des libertés qu’ils réclamaient en risquant leur vie dans des manifs que les moins de 40-50 ans ne peuvent pas connaître, de Lima à Tokyo en passant par Moscou, il est considéré comme le plus grand troubadour du XXe siècle. Sujet de pléthoriques doctorats à l’étranger comme en France, il fait partie des auteurs au bac de français dans de nombreux pays.

Lui seul savait donner du relief à ses chansons. Quelle souffrance d’en entendre d’autres l’abîmer, l’affadir. Un accessit cependant à Paco Ibañez, son ami :

Un autre à cette délicieuse sylphide surgie du plus profond de l’Amérique, séduite par la poésie de notre troubadour universel, et qui m’a enchantée par sa subtilité.


HOMMAGE à BRASSENS (à toi, Tonton Georges)


Quand les zéphyrs nous font la cour

Et viennent nous parler d’amour

Anne ma sœur je pense à toi

Au vent passion, au vent matois

Qui t’abandonna fille-mère

D’une tempête follamère.

 

Le vent d’Autan les apporta

Le vent d’Autan les balaya…

 

Su’l’ Pont des Arts de l’Oncle Georges

Le vent nous a fait rendre gorge

Le vent sournois, le vent maraud

Joue avec nous au plus faraud

Gonfle nos jupes et nos sarraus

Pour le grand plaisir des badauds.

 

Le vent d’Autan les apporta

Le vent d’Autan les balaya…

 

Lorsque le vent devient dément

Et fait geindre tous nos gréements

Lors nous pensons à toi Verlaine

À ta complainte triste et vaine

À tes joies mortes et à Rimbaud

Appareillant pour son tombeau.

 

Le vent d’Autan les apporta

Le vent d’Autan les balaya…

 

Je pense à toi cher Rutebeuf

À ta solitude de veuf

Quand le vent chasse des cohortes

D’espoirs déçus, de lettres mortes

Devant ton huis, devant ma porte

Ce sont témoins que vent emporte.

 

Le vent d’Autan les apporta

Le vent d’Autan les balaya…

 

Et toi Gastibelza, le fou,

Que vent Tramontane bafoue

À quoi te sert ta carabine

Lorsque tu te caches et fulmines

Chaque fois qu’un corselet noir

Traverse le Tage le soir.

 

Autant en emporte l’Autan

Autant en emporte le Temps !

 

 Annie Birkemeier (en toute humilité)


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