> les rendez-vous littéraires de Royan, séance du mardi 22 juin 2021 à 18H. : dans l'intimité de Benoîte Groult

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Au sujet de Blandine de Caunes

Se confier, (se) raconter en toute liberté, écrire jusqu'à l'intime, Benoîte Groult l'a régulièrement pratiqué durant sa vie d'écrivaine. C'est là le propos de ces deux publications: Journal d'Irlande (Grasset 2018, Journal amoureux (Stock 2021). Blandine de Caunes, leur fille, a choisi de mettre ses pas dans ceux de sa mère (et de son père d'élection) pour leur rendre le plus beau des hommages en éditant et préfaçant ces œuvres posthumes au parfum tonique.
Elle-même auteure, L'Involontaire (Libretto 2019), elle perpétue la tradition familiale dans La mère morte (Stock, 2020), en nous offrant un récit au plus proche de l'intime sur quatre générations de femmes : de Benoîte à Zélie en passant par Blandine et Violette...

          

> le printemps des poètes : le lac de la Métairie de Pontaillac ✎ Annie Birkemeier

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(N’est pas Lamartine qui veut, mais qui ne tente rien... Poème remanié au printemps 2021)

Ainsi, toujours happés par de nouveaux virus,
Dans le confinement relégués sans partage,
Devrons-nous désormais partout faire chorus
Pour éviter le naufrage ?

Ô lac ! La Métairie s’ouvre à peine au printemps,
Et près des eaux chéries où le canard abonde,
Regarde ! je viens seule m'asseoir sur ce banc
Ouïr clapoter l’onde !

Toi, tu ne mugis point sous des roches profondes,
Tu ne te brises pas sur des récifs dorés,
Tu es l’humble allié de la nature féconde,
Et des cieux mordorés.

Un soir, vous souvient-il ? Nous rêvions en silence ;
On n'entendait au loin, sur l'onde et sous les cieux,
Que l’appel des crapauds qui rythmaient en cadence
Ton courant capricieux.
 
Ô temps ! suspends ton vol, et vous, passants oublieux
Suspendez un instant l’aveugle promenade :
Regardez patiner les canetons curieux
Savourant la baignade.

Ô lac ! Oies et oisons, crapauds, jolies canettes !
Vous, qui n’avez du temps notion ni souvenir,
Aimez vos petits ! Vos prochaines amourettes
Sauront bien assez tôt advenir !

Ô Lac, que le zéphyr qui frémit ne se lasse
De rider ta face que la lune blanchit,
Et que le soupir discret des roseaux se fasse
L’écho éphémère de l’oiseau qui languit.
Que tout ce qui aime et soupire puisse dire :

Fini le confinement, enfin on respire !


Annie Birkemeier, samedi 11/04/2020 ; revu et corrigé le 15/06/2021

> le printemps des poètes : le printemps s’essouffle, les roses aussi ✎ Annie Birkemeier

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(N’est pas Gérard de Nerval qui veut. Mais qui ne tente rien...)

Les heures sont des fleurs l’une après l’autre écloses.
Cueillez-les comme on cueille les roses du parc ;
Faites vite, car veille le gardien morose
Caché sous la statue d’Amour tendant son arc.

Comme de la rose ne restent que pétales
Que le temps destructeur se plaît à outrager,
Ne reste de l’heure qu’un souvenir étale :
Sachez qu’il est toujours trop tard pour regretter...

S’il plaît au souvenir de se montrer loquace
Soyez-en le gardien discret et ténébreux,
Avares, jouissez-en comme d’un bien fugace ;
Le malheur jamais ne se montre impécunieux.

Les myrtes et les bruyères à l’ombre des bois
N’incitent plus les nymphes à se cacher, ravies,
Du Satyre à l’affut, telles biches aux abois :
Ne cédez à la peur et vivez votre vie.

Le vin, ce sang nouveau, sur la lèvre versé,
Rendez-le complice des secrètes mémoires : 
Tel un puissant remède à l’oubli du passé,
Plus que relique surannée, précieux grimoire.


Annie Birkemeier : Dimanche, 12/04/2020

> le désir : on a les désirs qu’on peut... ✎ Annie Birkemeier

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Sur la musique des « Passantes » : 

À nos rencontres éphémères

Je dédie ces quelque paroles
À tous les Apollons frivoles
Ayant croisé notre chemin,
À ceux dont les lèvres entrouvertes
N’ont pas permis la découverte
De secrets pourtant anodins.

Pour eux notre mémoire flanche,
Oublieuse, et pourtant déclenche
En nous un tendre souvenir,
Mais dont la musique secrète
Dans nos cœurs fait la pirouette
En y attendant de mourir.

À ces inconnus, éphémères
Éphèbes, je dédie l’amère
Chanson qui berce nos matins ;
Sourds à notre lèvre altérée,
Sous leur regard, chair ignorée,
Nous n’étions que menu fretin.

Voguent la barque et la galère
Qui emportent au loin nos chimères
Se noyer dans l’oeil de la nuit ;
Ne survivra, fleur cristalline,
Que brisure de perle fine,
Fleur de sel parant notre ennui.


Annie Birkemeier, mercredi, 15 avril de l’an 1 du Covid 19

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